Comment reconnaître un trouble émotionnel chez soi : les signaux à surveiller

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Le 30 décembre 2025
Comment reconnaître un trouble émotionnel chez soi : les signaux à surveiller
Apprenez à identifier les signes d'un trouble émotionnel chez vous. Symptômes, durée, quand s'inquiéter et consulter un professionnel

Saviez-vous que **13 millions de Français** sont touchés par des troubles psychiques selon l'OMS, soit près d'une personne sur cinq ? Face à cette réalité, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur leur propre santé mentale sans savoir comment distinguer une simple période difficile d'un véritable trouble émotionnel nécessitant une prise en charge. Cette confusion peut retarder une consultation pourtant nécessaire ou, à l'inverse, créer des inquiétudes injustifiées. Natacha JEAN, psychologue clinicienne installée près de Nantes, accompagne quotidiennement des personnes dans cette démarche de compréhension et d'évaluation de leurs difficultés émotionnelles. Cet article vous donnera les clés pour identifier les signaux d'alarme et savoir quand il devient nécessaire de consulter.

  • Surveillez la persistance des symptômes : un trouble émotionnel se caractérise par des manifestations qui durent plus de 2 semaines consécutives et impactent significativement votre fonctionnement quotidien (social, professionnel, familial).
  • Identifiez les 4 symptômes centraux du trouble borderline : dérégulation émotionnelle intense, sensation chronique de vide intérieur, image de soi incertaine et accès de colère disproportionnés (au moins 5 critères sur 9 selon la CIM-11).
  • Utilisez la fiche TCC d'auto-observation : notez systématiquement la situation déclenchante (contexte/lieu/moment), vos émotions (intensité 0-10), vos pensées automatiques et vos comportements d'évitement ou de recherche de réassurance.
  • Agissez sur les facteurs environnementaux modifiables : qualité du sommeil (7-9h pour protéger le cortex préfrontal), activité physique modérée (30 min/jour pour favoriser la neurogenèse dans l'hippocampe) et alimentation anti-inflammatoire.

Qu'est-ce qu'un trouble émotionnel et comment l'identifier précocement ?

Un trouble émotionnel se caractérise par **au moins une des cinq manifestations** suivantes sur une période prolongée : une incapacité d'apprendre qui ne peut s'expliquer par des facteurs intellectuels, une difficulté à établir ou maintenir des relations interpersonnelles satisfaisantes, des comportements ou sentiments inappropriés dans des circonstances normales, un sentiment omniprésent de malheur ou de dépression, et une tendance à développer des symptômes physiques ou des peurs liées aux problèmes personnels ou scolaires.

L'ampleur du phénomène est considérable : selon l'Inserm, **la dépression touche 15 à 20% de la population** au cours de sa vie. Le baromètre santé 2021 de Santé Publique France révèle même une augmentation des épisodes dépressifs de 9,8% à 13,3% entre 2017 et 2021. Chez les enfants, l'étude Enabee de Santé Publique France révèle que 5,6% des 6-11 ans présentent un trouble émotionnel probable, avec une prédominance des troubles émotionnels chez les filles et des troubles du comportement chez les garçons. Ces chiffres soulignent l'importance de savoir reconnaître les signes avant-coureurs.

L'objectif d'un auto-diagnostic préliminaire n'est pas de remplacer l'expertise d'un professionnel, mais plutôt d'identifier les signaux qui doivent vous alerter. Il s'agit de distinguer une réaction normale face aux défis de la vie d'un trouble nécessitant une prise en charge spécialisée.

Les signaux d'alarme comportementaux et émotionnels du trouble émotionnel

Les premières manifestations d'un trouble émotionnel se traduisent souvent par des **réactions disproportionnées** aux situations du quotidien. Vous pourriez par exemple éclater en sanglots lors d'une conversation anodine, ou ressentir une colère intense face à une contrariété mineure. Ces réactions inattendues, comme rire à un moment inapproprié ou devenir excessivement triste sans raison apparente, constituent des indicateurs importants.

Les sautes d'humeur rapides et fréquentes représentent un autre signal d'alerte majeur. Contrairement aux variations d'humeur normales que nous connaissons tous, celles-ci se produisent **sans raison claire** et affectent significativement vos relations et votre comportement. Vous pouvez passer de l'euphorie à la tristesse profonde en quelques heures, voire quelques minutes.

Les comportements impulsifs constituent également un marqueur important. Ils peuvent prendre diverses formes :

  • Des dépenses frénétiques et incontrôlées
  • Une conduite automobile dangereuse
  • Des comportements sexuels à risque
  • Une consommation excessive d'alcool ou de substances

La colère déplacée mérite une attention particulière. Si vous vous emportez facilement dans votre vie quotidienne, souvent en réponse à des menaces perçues mais non réelles, cela peut signaler une difficulté à réguler vos émotions. Cette colère peut surgir comme une vague puissante, renversant tout sur son passage, avant d'être rapidement remplacée par une autre émotion tout aussi intense.

Exemple illustratif : Sophie, 42 ans, cadre dans une entreprise de communication à Nantes, a commencé à remarquer des changements inquiétants dans son comportement. Lors d'une réunion de routine, un collègue lui a fait une remarque anodine sur la présentation d'un dossier. Sophie a soudainement explosé, criant et jetant ses documents sur la table avant de quitter la salle en claquant la porte. Vingt minutes plus tard, elle était effondrée dans les toilettes, pleurant de manière incontrôlable. Le soir même, elle a dépensé 800 euros en vêtements qu'elle n'avait pas les moyens de s'offrir. Ces comportements, qui se sont répétés pendant plusieurs semaines, ont alerté son entourage et l'ont finalement conduite à consulter.

Les manifestations psychologiques et physiques d'un trouble émotionnel

Au-delà des comportements visibles, certains signes psychologiques témoignent d'une souffrance émotionnelle profonde. Le **besoin constant de réconfort** et de réassurance pour gérer la détresse ou l'anxiété devient envahissant. Vous recherchez continuellement l'approbation des autres et ne parvenez pas à vous apaiser seul face aux difficultés. Dans le cas des troubles borderline, cette manifestation fait partie des critères diagnostiques centraux selon la CIM-11 : au moins 5 symptômes sur 9 doivent être présents, incluant la dérégulation émotionnelle, la sensation de vide intérieur, une image de soi incertaine et des accès de colère intenses. Avec 126 combinaisons possibles, deux personnes atteintes peuvent présenter des tableaux cliniques très différents.

La sensation de dissociation constitue l'un des symptômes les plus troublants. Vous avez l'impression d'être coupé de vous-même, comme si vous observiez votre vie depuis l'extérieur de votre corps. Cette expérience, bien que déstabilisante, est un mécanisme de défense face à une **souffrance psychique intense**.

Les troubles physiques accompagnent fréquemment les difficultés émotionnelles. Des troubles du sommeil persistants, des changements dans l'appétit ou le poids, un manque d'énergie chronique, une tristesse profonde ou une perte d'intérêt pour les activités habituelles constituent autant de signaux d'alerte, particulièrement s'ils **persistent plus de deux semaines** consécutives. Plus spécifiquement, le syndrome anxio-dépressif se manifeste par des symptômes physiques distincts : pour le trouble anxieux (oppression thoracique, maux de ventre, nausées, vertiges, troubles de l'endormissement) et pour le trouble dépressif (sommeil non récupérateur avec réveil précoce, problèmes d'ordre sexuel, fatigue et douleurs chroniques inexpliquées).

Outils pratiques pour s'auto-observer au quotidien

Pour mieux identifier vos difficultés émotionnelles, l'utilisation d'une fiche TCC structurée s'avère particulièrement efficace. Cette méthode thérapeutique cognitive et comportementale comprend 4 composantes essentielles : notez d'abord la situation déclenchante en précisant le contexte, le lieu et le moment exact. Identifiez ensuite vos émotions en évaluant leur intensité sur une échelle de 0 à 10. Relevez vos pensées automatiques, qu'elles prennent la forme de phrases qui vous traversent l'esprit ou d'images mentales récurrentes. Enfin, observez vos comportements, incluant les stratégies d'évitement et les recherches de réassurance auprès de votre entourage. Cette pratique structurée vous permettra d'identifier des **patterns récurrents** et de suivre l'évolution de vos états émotionnels dans le temps.

L'évaluation de l'intensité émotionnelle constitue un autre outil précieux. Avant et après avoir pratiqué des techniques de régulation comme la respiration profonde, évaluez votre niveau émotionnel sur une échelle de 1 à 10. Cette mesure vous aidera à déterminer si vos stratégies d'autorégulation fonctionnent ou si vous avez besoin d'aide professionnelle. La technique de cohérence cardiaque peut être particulièrement efficace : pratiquez une respiration rythmée et profonde en portant attention à chaque inspiration et expiration pour réguler votre système nerveux autonome et diminuer l'intensité émotionnelle.

Pour identifier précisément une émotion, suivez ces trois étapes : déterminez d'abord sa valence (agréable ou désagréable), évaluez ensuite son niveau d'énergie (élevé ou faible), puis identifiez sa cause déclenchante. Cette méthode structurée facilite la **reconnaissance émotionnelle** et favorise une meilleure compréhension de vos réactions.

Comment différencier une réaction normale d'un trouble émotionnel pathologique ?

La durée et l'intensité des symptômes constituent les premiers critères de distinction. Un changement d'humeur devient préoccupant lorsqu'il persiste **plus de deux semaines consécutives** et impacte significativement votre fonctionnement social, professionnel ou quotidien. L'écart par rapport à votre fonctionnement habituel représente un indicateur clé du niveau de gravité. Il est important de noter que l'anxiété peut varier de quelques secondes à des années, avec une intensité allant d'une appréhension à peine perceptible à une véritable crise de panique, nécessitant une évaluation de la persistance et de l'impact fonctionnel sur cette période de référence de deux semaines.

Prenons l'exemple de Marie, 35 ans, qui traverse une période de stress au travail. Si sa tristesse et son anxiété durent quelques jours après un conflit professionnel, il s'agit probablement d'une réaction normale. En revanche, si ces symptômes persistent plusieurs semaines, l'empêchent de se concentrer, perturbent son sommeil et la conduisent à s'isoler socialement, un trouble émotionnel pourrait être en cause.

À noter : Les suivis cliniques sur 5 ans révèlent un taux de rémission moyen de 46,3% pour les troubles émotionnels. Cela signifie qu'environ 50% des troubles sont transitoires et se résorbent après un épisode de traitement adapté, tandis que 50% suivent une trajectoire persistante marquée par des épisodes répétés avec des périodes de rechute. Cette distinction est cruciale pour ajuster les attentes et le suivi thérapeutique.

Les facteurs de risque individuels à prendre en compte

Certains éléments augmentent la vulnérabilité aux troubles émotionnels. Les prédispositions génétiques et les **antécédents familiaux** de troubles psychiques constituent des facteurs de risque importants. Si plusieurs membres de votre famille ont souffert de dépression, d'anxiété ou d'autres troubles mentaux, votre vigilance doit être accrue.

Les traumatismes infantiles et une dynamique familiale dysfonctionnelle laissent des traces durables. Le stress vécu durant la petite enfance, les défauts de soin, la séparation des parents ou les abus affectent le développement cérébral et augmentent la susceptibilité aux troubles émotionnels à l'âge adulte.

Les facteurs de stress actuels jouent également un rôle déterminant :

  • La qualité du sommeil, qui affecte directement le cortex préfrontal et l'amygdale
  • L'exposition aux substances psychoactives
  • Les difficultés socio-économiques
  • L'isolement social, particulièrement chez les seniors
  • Les conditions de travail stressantes, incluant les 6 facteurs de risque psychosociaux identifiés par le rapport Gollac (intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, autonomie et marges de manœuvre insuffisantes, rapports sociaux dégradés et manque de reconnaissance au travail)

Les facteurs environnementaux modifiables méritent une attention particulière car ils représentent des leviers d'action concrets. La qualité du sommeil influence directement le fonctionnement du cortex préfrontal et de l'amygdale, structures cérébrales essentielles à la régulation émotionnelle. L'activité physique modérée favorise la formation de nouveaux neurones dans l'hippocampe, améliorant ainsi la résilience face au stress. L'alimentation joue également un rôle crucial en impactant l'immunité et l'inflammation chronique, deux processus intimement liés à la santé mentale.

Quand consulter un professionnel et comment choisir le bon accompagnement ?

Certains signaux imposent une consultation sans délai. La détérioration récurrente de vos relations personnelles ou professionnelles à cause de vos difficultés émotionnelles constitue un **indicateur majeur**. Si vos proches vous font régulièrement remarquer des changements dans votre comportement ou expriment leur inquiétude, il est temps d'agir.

L'apparition d'idées suicidaires, même fugaces, ou de comportements à risque nécessite une prise en charge immédiate. De même, si malgré plusieurs tentatives, vos stratégies d'autorégulation échouent à améliorer votre état, l'aide professionnelle devient indispensable.

Le choix entre psychologue et psychiatre dépend de la nature et de la sévérité de vos troubles. Un psychologue convient pour les troubles anxieux ou dépressifs modérés, les traumatismes non surmontés, les troubles du comportement alimentaire bénins ou les blocages psychologiques. Le psychiatre, seul habilité à prescrire des médicaments, est nécessaire pour les troubles sévères : dépression majeure, troubles bipolaires, psychoses ou idées suicidaires.

Le dispositif "Mon soutien psy" permet désormais un **remboursement de 8 séances** par an pour les troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés. Accessible dès 3 ans, ce dispositif prend en charge 60% du coût de la séance fixé à 50 euros, le reste étant généralement couvert par les mutuelles (attention toutefois aux exclusions : enfants de moins de 3 ans, risques suicidaires, formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux, troubles alimentaires graves, antécédents psychiatriques sévères dans les 3 dernières années, dépendance aux substances psychoactives).

Conseil pratique : Pour optimiser votre première consultation, préparez une liste des symptômes observés avec leur fréquence et leur intensité. Notez également les événements de vie significatifs des derniers mois, vos antécédents médicaux et familiaux, ainsi que les traitements déjà essayés. Cette préparation permettra au professionnel d'établir un diagnostic plus précis et de proposer un accompagnement adapté dès le premier rendez-vous.

Reconnaître un trouble émotionnel chez soi demande de l'attention et de l'honnêteté envers ses propres ressentis. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs des signaux décrits et que ces difficultés persistent, n'hésitez pas à franchir le pas de la consultation. Natacha JEAN, psychologue clinicienne près de Nantes, propose un accompagnement personnalisé alliant l'expertise de la psychologie clinique et les outils concrets du coaching. Son approche, à la fois bienveillante et pragmatique, vise à vous aider à surmonter vos difficultés émotionnelles tout en développant votre autonomie. Que ce soit en cabinet ou à distance, elle saura vous accompagner avec professionnalisme dans votre démarche de mieux-être, en s'adaptant à vos besoins spécifiques et en mobilisant les techniques thérapeutiques les plus appropriées à votre situation.